les veines des yeux comme des racines qui veulent de l’étalage qui fixent des têtes à faire sauter branlez-vous sur vos haines de sourds vos états d’urgence vos ennemis vos marchés vos sommets que je m’en carre tes morts sont pas les miens faut écrire oui son autoportrait de salle de bains c’est savoureux de redescendre vers l'hémorragie douce peser à peine mais sûrement sur la pédale du frein sans être totalement disparue ça prendra bien plus qu’un hiver pour donner les nouvelles saillantes en lampadaire diurne fatigante mollesse en adresse à se la fermer sur le banc social invalide pour un bail

autoportrait de salle de bains vendredi 13 1h43


Armel Guerne l'écriture



Un lichen bleu de l'ère ancienne est resté pris
Dans un silex, du temps que la nature avait
Toute la place devant elle, avant le cri
Des animaux et le piétinement des hommes.
Il a troqué sa vie, échappée aux museaux
Voraces de l'aveuglement, contre ces traits
Purs de l'élan simple et direct de l'écriture
Sans recours à l'image ni à la parole,
Qui se fixe immuablement dans le silence
Où il se dit toujours, sans passer par le siècle
Et son langage en agonie ou déjà mort.


les textes se commencent
possible
que
mes brouillons s’entassent
au rythme de l’abandon
j’emmerde la nuit et ses néons
j’emmerde le matin sur la ville
j’ai la mâchoire du faible
les dents serrées sur le vide

putain j’ai du mal avec
la gorge est trop étroite
quand pour mes cris
je me ferai baisée
tiens retiens moi
par les entrailles
perce hurle crame
et
éclaire

J’ai envie d’être plus vivant que n’importe qui et qu’on me foute la paix comme au dernier des morts.

sincère secret silencieux Jean Muno