j’ai de quoi te dire :

jamais diminuée, jamais jugée, jamais estampillée au vu d'un savoir de pierre froide, jamais possédée - sereinement accueillie, je suis aimée. aimée ? ce simple aveu qui dit quelque chose comme leur pudeur, la même que la mienne en somme, qui me rend libre de les photographier et puis surtout ils sont nus parce que dépouillés, sans tenue de cérémonie, sans l’effet de quelque éclairage mystérieusement savant, sans nécessité de paroles dans la tacite proximité n'occupant d’autre lieu que celui de la vie immédiate. ils ne sont pas là pour. les êtres sont là. en cet instant l’œil raconte que je m'étais égarée - même les chevaux se perdent dans n’importe quelle brume – loin de ma souche où rien ne s’exhibe mais où tout obéit à des êtres de pleins sens avec lesquels je peux encore respirer.

Nul n’approche de quiconque sauf en un murmure. Herberto Helder



il fait froid c’est pas l’hiver mais c’est quoi ma langue déblaye ce qui passe plus dans la gorge j’ai le goût des cendres de veiller sur les morts j’aurais dû rester toute la journée dans le stationnement du dernier shoot dans l’axe même de la syncope qui veut descendre par les veines //////////////////////// de lenteurs de silences d’intime(s) ça me semble raisonnable à moi de pas écrire de pas retourner les images l’écriture comme un sablier pour attendre pour savoir une chose de plus saisir une sensation de plus sous la charge le besoin d’infamie sous la pulsation gardée parce que tu vois c’est difficile de progresser quand ça fait deux nuits que je rêve que je me tue dans l’urgence de l’horizon nulle.
http://www.mariesordat.net/works/cendres/

toujours l'origine l’aspect brut
l’énergie singulière à part
spéciale – non raffinée non dégrossie
toujours cette connexion naturelle avec ceux qui en prennent

en moi chez moi quelque chose accueille ça – correspond – entre résonances
ce soir il bouge dans la pièce bien + vite que d'habitudes je le remarque + mon regard le
suit avec une aisance pas au hasard autant de perceptions que d’intentions c'est-à-dires de désirs

j'ai beaucoup d'amour à conditions qu'on me foute la paix

Nathan Lerner*,1944