papa si...










27 septembre 2010
message d’Antoine :
Notre père est à l’hôpital


la vie aveugle je peux, la nuit détruite je peux, le téléphone en ombre et qui ne sonnera pas je peux je peux tout ça très lentement et faire semblant quand mes mains tremblent, mais la réalité … dire tout ira bien quand tout s’effondre, et vouloir être seule et plus jamais seule, plus jamais jusqu’à la tête ça monte comme d’une digue éventrée : comme j’ai peur, la nuit, le jour, la lente dessiccation du temps volé, comme j’ai peur des terribles attaches du réel, je ne vais jamais y arriver. sans lui. mon père la grande déchirure… dans la bibliothèque qui lui sert de bureau, c’est là enfant que j’ai découvert la force des livres qui voyagent, il écrit, j’écris mais nous ne savons rien l’un de l’autre, deux îlots incommuniquants où le silence et peut-être d’un seul côté le mien la peur, font des ponts sans passerelle, l’orgueil c’est ça, un manteau lourd à porter que l’on a mis soi-même sur les épaules alors je coule dans la baignoire, sous l’eau, les yeux grands ouverts, j’appelle mon père ce morceau de moi-même rempli de tous les autres, celui qui compte et n’entendra pas...

automne 2013- je n’aurais jamais cru revenir sur ma terre natale, moi la rebelle à tout rivage, mon père a raison, une fois de plus, que l’homme retourne à ses racines, en vieillissant, se sentant mal, malade ou assailli par les doutes, oui je t'aime faut-il que je m'en souvienne…rencontrer ce grand inconnu papa si...je savais te dire mon manque, ma fragilité, ma nécessité de ton alliance et mon amour sans faille...








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